Les causes du RGO chez le nourrisson

Les causes du RGO chez le nourrisson

Le reflux gastro oesophagien, ou RGO, est la remontée acide d’une partie du bol alimentaire de l’estomac dans l’œsophage. Le RGO est souvent lié à des facteurs tels que l’alimentation, le stress, l’hygiène de vie… Chez le bébé, les causes peuvent être d’origine mécanique ou allergique. Comprendre l’origine du RGO de votre enfant est indispensable pour limiter, faire disparaître les symptômes, et soulager durablement votre bébé.

Les symptômes du RGO chez le bébé

Il existe deux types de RGO chez le nourrisson :

  • les reflux dits externes : l’enfant vomit, souvent en jets et en quantité importante. Les régurgitations peuvent avoir lieu 2 à 3 heures après la tétée ou le biberon. Le lait a une consistance « grasse », un peu comme du lait caillé
  • les reflux dits internes : l’enfant ne vomit pas mais semble gêné. Il « mâchouille » en permanence, semble ravaler

Dans les deux cas, voici les symptômes les plus communs. La liste n’est pas exhaustive. Votre enfant :

  • pleure beaucoup, de manière incessante et rien ne semble le soulager
  • A une haleine « acide » qui rappelle une odeur de lait caillé ou de yaourt
  • A de grandes difficultés à s’endormir de jour comme de nuit
  • Ne supporte pas la position allongée
  • Ne semble être soulagé qu’en position verticale
  • Réclame le sein (ou le biberon) en permanence
  • Boit « sans soif » et se remet à pleurer dès la fin de la tétée (ou du biberon) ou très peu de temps après
  • Se frotte le nez, les yeux
  • Se cambre en arrière
  • A une respiration sifflante

Comprendre l’origine du RGO chez le nourisson

Voici quelques pistes à examiner. La liste n’est évidemment pas exhaustive et il convient de vous rapprocher d’un thérapeute formé pour vous accompagner dans l’identification de la cause du RGO et de le traiter au mieux.

1. Une cause mécanique

Hypotonicité du cardia

Le système digestif d’un nouveau né est immature. Son cardia, sphincter reliant l’œsophage à l’estomac, est hypotonique. Le cardia est un muscle réflexe, comme le larynx ou le pharynx, qui se contracte et se décontracte sans ordre conscient. Ainsi il peut s’ouvrir de façon anarchique entre les tétées chez le nourrisson favorisant de fait les régurgitations.  Ce n’est que vers 6 – 7 mois que la tonicité du cardia est effective.

Sténose du pylore

Les reflux peuvent également être en lien avec une sténose du pylore, sphincter reliant l’estomac à la partie supérieure de l’intestin grêle (duodénum). Chez certains bébés, ce sphincter présente un rétrécissement, lié à un épaississement des muscles qui l’entoure. Cette malformation congénitale empêche une évacuation correcte du contenu de l’estomac vers l’intestin, favorisant ainsi les reflux. La sténose du pylore est diagnostiquée par le pédiatre via palpation ou simple échographie. Une opération chirurgicale est nécessaire pour résoudre le problème.

2. Vérification des freins par un professionnel formé

Les freins de langue sont les membranes muqueuses attachant la langue au plancher buccal. Ils jouent un rôle crucial dans la mobilité de la langue ainsi que la qualité de la succion chez le nouveau né. On parle de freins restrictifs lorsque la membrane manque d’élasticité et entrave la bonne prise au sein. Cela peut également être le cas du frein de lèvre supérieure.

Des freins de bouche restrictifs empêchent une prise correcte du sein. Le nourrisson avale une quantité conséquente d’air durant la tétée favorisant ainsi d’importants rôts, coliques et reflux.

Il est nécessaire de consulter un professionnel de santé formé en freins afin de vérifier que votre bébé n’a pas de freins de bouche restrictifs.

3. La vitamine D

La vitamine D est indispensable à la construction du capital osseux de bébé. Elle joue également un rôle primordial dans la mise en place du système immunitaire. Il est donc indispensable que votre bébé ait un apport quotidien suffisant. Attention toutefois, toutes les vitamines D ne se valent pas ! Malheureusement, les vitamines D les plus fréquemment prescrites à la sortie des maternités, à savoir la Zyma D et l’Adrigyl, sont très souvent responsables de fortes coliques et de reflux chez le nourrisson.

Ces deux médicaments contiennent le même principe actif, le cholécalciférol, ou vitamine D3 issue de la lanoline (laine de mouton). Mais ils contiennent en plus des excipients c’est-à-dire des substances qui sont censés améliorés le goût, l’aspect et la conservation du produit qui sont très mal tolérés chez le bébé.

Zyma D

La Zyma D contient de l’essence d’orange, très mal tolérée chez les bébés. De nombreux parents témoignent d’apparitions de coliques, de reflux et de rots avec une odeur d’orange chez leur bébé plusieurs heures après la tétée ou le biberon. Certains parents ont d’ailleurs constaté une atténuation significative des coliques et reflux moins de 48h après l’arrêt de la Zyma D.

Adrigyl

La composition de l’Adrigyl est encore plus problématique. En effet, là où les fabricants de la Zyma D ont choisi d’utiliser un antioxydant naturel, les fabricants de l’Adrigyl eux lui ont préféré un antioxydant de synthèse problématique, le BHT. Cet excipient présente un risque de réactions cutanées comme l’eczéma, l’irritation des yeux et des muqueuses mais également à fortes doses des dommages au niveau du foie, de la thyroïde et des reins. L’Adrigyl contient également de la saccharine sodique, édulcorant artificiel responsable de la perturbation du microbiote intestinal et de la glycémie. Cet additif est d’ailleurs interdit dans plusieurs pays comme le Canada. Enfin l’Adrigyl contient de l’essence de citron, inadaptée aux bébés.

Quelles alternatives ?

Existe-t-il d’autres alternatives à ces vitamines D ? La réponse est oui ! Chez les bébés les plus sensibles, privilégier des vitamines « vegan » car elles sont issues du lichen et non de la lanoline. En effet cette dernière est également allergisante et peut amplifier le RGO chez le nourrisson. Par mesure de précaution, éviter également les vitamines D contenant de la vitamine E issue du soja ou du maïs. 

4. L'allaitement

Le lait maternel est l’aliment le mieux adapté et le plus physiologique pour bébé. L’OMS recommande d’ailleurs un allaitement exclusif jusqu’à 6 mois et en complément de la diversification alimentaire jusqu’à l’âge 2 ans. Il a toutefois été constaté qu’un réflexe d’éjection fort (REF) chez la maman allaitante ou une quantité trop importante de lait ingérée, au-delà des besoins de bébé, pouvaient être source de reflux. Une expression du lait de début de tétée peut limiter le REF. Une diminution dans l’alimentation de la maman des aliments galactogènes peut également être envisagée.

Autre point souvent oublié, la lanoline ! Elle est fréquemment recommandée aux mamans afin de limiter les désagréments liés à l’allaitement. Certaines sages femmes conseillent même de l’appliquer avant l’accouchement afin de prévenir les crevasses. Or comme nous l’avons vu précédemment la lanoline a un fort potentiel allergisant, et peut intensifier très fortement les reflux chez les nourrissons au terrain allergique.

5- L’allergie aux protéines de lait de vache (APLV)

Un nouveau né est considéré comme « à risque allergique » quand il existe dans la famille des antécédents allergiques chez la mère ou le père. Le terrain allergique peut se manifester de diverses manières : allergies alimentaires, respiratoires (asthme, rhinites allergiques …), eczéma …

L’allergie aux PLV est une cause très fréquente du RGO chez le nourrisson. Une éviction des produits laitiers chez la maman allaitante permet d’apaiser très souvent les bébés. On considère qu’il faut au moins 6 semaines à l’organisme afin d’éliminer toute trace de PLV. L’enfant peut également avoir d’autres intolérances. Les plus fréquentes étant les œufs, les fruits à coque et le gluten, mais cela varie d’un bébé à l’autre. Il est important de vous faire accompagné par un professionnel formé afin d’affiner les aliments à éviter temporairement et de soulager bébé.

Chez les bébés nourris au biberon, des préparations commerciales pour nourrisson (PCN) à base de PLV hydrolysées ou encore de protéines de riz hydrolysées existent et peuvent être proposées.

Pour conclure

Le RGO est une phase difficile à passer pour le bébé et ses parents. Il n’est pas toujours évident de cibler seul l’origine du RGO, car il est souvent multifactoriel.

Pour les personnes qui le souhaitent, je propose un accompagnement individuel afin de vous aider à identifier précisément les causes des reflux et d’en atténuer durablement les symptômes. 

Malgré les difficultés, tentez de rester positif et gardez toujours à l’esprit que la situation est transitoire. Un jour le RGO de votre bébé sera bien loin derrière vous !

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